Le pouvoir des mots

Les mots possèdent un pouvoir tel qu’ils ont la capacité à eux seuls de mettre le feu aux poudres ou, tout à l’inverse, d’agir comme un baume sur une plaie. Tantôt ces mots seront sources de conflits, tantôt ils berceront les pleurs d’un enfant.

Pour exprimer toutes les nuances de notre pensée et de nos émotions, nous possédons une merveilleuse langue, le français, une langue riche de quelque 90 000 mots. Mais hélas, cela ne paraît guère, car nous n’exploitons que bien maigrement, en réalité, pareille richesse langagière qui n’est pas sans appeler une dose certaine d’humilité.

Image : pexels.com

Fait incontestable, on trouve toujours plus de profondeur dans l’écriture que dans la parole, éphémère et plus ou moins subtile. Curieusement, l’intelligence émerge plus de nos écrits que de nos cordes vocales. L’homo sapiens manifeste en effet beaucoup plus de subtilité et de discernement quand il écrit que lorsqu’il parle. L’exception confirme la règle : à titre d’exemple, les mémorables messages insipides de Donald Trump sur Twitter.

Mais il n’en reste pas moins que ce sont les millions de livres publiés de par le monde – et non les tweets – qui renferment toute l’Histoire de l’humanité.

L’évolution de la langue française au Québec est singulière, se distinguant nettement de celle de son ancienne mère patrie. À partir du 18e siècle, le français a évolué sur des voies parallèles en France et en Nouvelle-France.

Le français du Québec

Fiers descendants de coureurs des bois et de colons, la langue a pris chez le peuple québécois une coloration qui lui est propre, empreinte d’une authentique simplicité.

Force est de constater que les Québécois et les Québécoises ont longtemps été des hommes et des femmes de peu de mots, au langage teinté par la désacralisation de l’univers religieux. C’est ainsi que tous les ornements du tabernacle sont venus colorer non sans humour notre langage. Au surplus, une langue inconsciemment virile, teintée de nombre de mots issus du vieux français, tout comme d’inévitables anglicismes, vestiges d’une époque d’assimilation.

Sous la force d’une résilience collective, la langue française n’en a pas moins continué de fleurir dans le paysage québécois, principalement à la faveur de la révolution tranquille, comme en témoigne la multitude d’essais et d’œuvres littéraires publiés chaque année par des auteurs québécois.
Écrire est un art qui nécessite un long apprentissage. Au-delà d’une imagination fertile, l’écriture implique un travail de moine, armé des indispensables outils de référence que constituent les dictionnaires, grammaires et autres ouvrages de référence.

Comme l’écriture est avant tout un acte de communication envers autrui, elle comporte ses règles d’or : concision, clarté, effort de vulgarisation du propos.

Tout bon texte, de quelque nature qu’il soit, est le fruit d’un travail d’orfèvre pour lequel on ne se contentera pas d’une première version, toujours imparfaite. Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage, comme l’écrivait si bien Boileau. Sans aller jusque là, de deux à quatre versions d’un texte lui rendront généralement justice. Il ne faut surtout pas hésiter à polir et polir maintes fois ses textes pour que leurs contenus soient limpides et traduisent parfaitement l’intention de son auteur.

On dit qu’une image vaut mille mots. Mais il arrive parfois qu’un seul mot vaille bien des images. Le simple mot VIVRE en témoigne avec éloquence.

À l’ère numérique, face à la médiocrité ambiante générée par les réseaux sociaux, le métier d’auteur, de journaliste et de rédacteur prend sans nul doute une importance accrue : assurer la beauté de la langue française à travers nos publications, sans élitisme, mais avec rigueur et créativité. Tel un orfèvre.

Robert Maltais

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