La pandémie interpelle durement l’éthique humaine

Le choc est brutal. L’arrivée intempestive d’un petit microbe infectieux vient bouleverser la vie de l’ensemble de l’humanité.

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Du jour au lendemain, la vie ordinaire bascule, nos modes de vie habituels sont mis au rencart et les mille et un plaisirs de la vie sociale ont tout à coup du plomb dans l’aile. La joie de vivre prend alors une teinte plus ombragée.

Au fur et à mesure que le coronavirus contamine des milliers d’humains et que le nombre de décès s’accumule sur tous les continents, le champ fertile de la peur prend de l’ampleur dans la conscience collective face à ce nouveau péril.

Mais plus encore, le coronavirus secoue nos valeurs humaines et l’éthique vacille sur son socle moral.

Nous voilà tous abruptement interpellés par ce virus maudit qui met en relief la fragilité et le côté éphémère de l’existence humaine. S’ensuit toute une chaîne de réactions au sein de la population, de l’insouciance à l’incrédulité, de l’angoisse à la peur et à la colère…et une certaine dose de je-m’en-foutisme chez plusieurs jeunes.

Qui eût cru qu’un simple microbe puisse ébranler aussi aisément les colonnes de la modernité? Simultanément, l’économie mondiale a attrapé le coronavirus et s’est retrouvée aux soins intensifs.

L’État et le confinement

Devant la montée de la crise sanitaire, l’État intervient pour freiner la propagation du virus; la main de l’État se veut bienveillante au Québec, mais néanmoins directive. Elle mène au confinement de la population, tout citoyen se trouvant plus ou moins emmuré chez-soi pendant une période indéterminée. Les frontières des pays se ferment; chacun, chacune se replie sur sa nation. Et craint maintenant d’être contaminé par ses propres concitoyens.

Prime dès lors le droit collectif sur le droit individuel, et les mesures de distanciation sociale. La liberté d’être se retrouve encabanée. Il faut désormais se tenir à une distance respectueuse de deux mètres les uns les autres, à l’exception des membres d’une même famille. Quel beau paradoxe pour l’espèce humaine qui se nourrit de la vie en société!

La fête est terminée. Aucun rassemblement n’est possible; ni autour d’une pièce théâtre, ni devant un concert ou un spectacle, ni pendant un match de hockey. Toutes les activités collectives de quelque nature que ce soit sont annulées, à l’instar des Jeux olympiques de Tokyo reportés à 2021.

Des comportements aux antipodes

Notre manière de vivre a dû radicalement changer, car nous n’avions d’autre choix que de nous adapter à la pandémie. Or, la façon dont nous nous comportons pendant cette crise sanitaire constituera notre miroir moral, rien de moins que le reflet de notre âme collective.
Citons d’abord quelques comportements autant étonnants que loufoques : se précipiter dans des épiceries pour faire le plein de papier de toilette et de crème Purell; s’approvisionner d’un seul coup pour un mois en nourriture; faire l’achat d’armes à feu alors que l’ennemi est un microbe invisible. Nous nous comportons parfois comme de drôles d’oiseaux.

Il faut souligner par ailleurs des comportements sous le signe de la cupidité : des commerçants qui profitent du contexte pour augmenter substantiellement les prix de leurs produits de première nécessité; sans compter les arnaqueurs de tout acabit qui prolifèrent comme la peste en temps de crise.

D’autres aussi, je le crains, feront preuve d’égocentrisme, en restant centrés que sur eux-mêmes et sur leurs seuls besoins, indifférents au sort du monde.

À l’autre bout du spectre, on retrouve fort heureusement ceux et celles qui se portent au secours de leurs semblables. D’abord, l’armée du personnel hospitalier et paramédical, les milliers de bénévoles qui contribuent aux activités d’organismes essentiels d’entraide, les aidants naturels, les employés d’épiceries et de pharmacies, les camionneurs, les médias, les pompiers et policiers, et j’en passe.

Pendant la durée de cette pandémie, quelle sera la dimension réelle de notre solidarité sociale, de notre altruisme? Le degré d’humanisme que nous manifesterons tout au long de la crise sanitaire nous fournira la radiographie éthique non pas du coronavirus, mais de nous-mêmes.
Que souhaiter d’autre que la découverte rapide d’un vaccin contre le virus et le retour prochain des beaux jours et du plaisir de vivre en société!

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